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Hey Twitter

« Hey Twitter », ou comment un artiste dénonce le racisme sur le réseau social bien connu

5 octobre 2017 - Réseaux sociaux -

« Hey Twitter », ou comment un artiste dénonce le racisme sur le réseau social bien connu

 

L’artiste Germano-Israélien Shahak Shapira a 29 ans. Son combat : lutter contre le racisme et la haine. Conducteur de l’opération YOLOCAUST de janvier dernier qui consistait à mettre en avant des selfies pris au mémorial de l’Holocaust à Berlin aux côtés d’images de camps d’extermination nazis, Shahak Shapira s’est fait connaître à l’international. Le 7 août, il lance son nouveau projet : #HeyTwitter.

· Une prise de parole engagée

#HeyTwitter, c’est dénoncer l’attitude du réseau social qui ne met rien en place pour contrôler la haine qui fuse entre les internautes. Haine envers les noirs, les homosexuels, les juifs, les musulmans ; haine exacerbée qui devrait être modérée par Twitter. Le problème, comme le dénonce l’artiste à juste titre, c’est qu’elle ne l’est pas. Son message : « Hey Twitter, efface ces conneries ! ».

 

· Un projet conscient

L’idée de Shahak Shapira est simple. Devant le siège social de Twitter à Hamburg, en Allemagne, l’artiste est venu taguer au pochoir 30 tweets plus alarmants les uns que les autres. « Retweet si tu n’aimes pas les muslmans », « Les gays à Auschwitz »…
Cette prise d’initiative découle directement de la non-réaction du réseau social. Après avoir signalé près de 300 publications en 6 mois, l’artiste n’en a vu aucune, ou presque, être retirée par l’entreprise Twitter. Alors qu’en mai dernier, l’entreprise avait été soumise à un code de bonne conduite mis en place par la Commission Européenne concernant la modération indispensable des messages de haine sur les réseaux sociaux, Twitter n’a eu aucune réaction. #HeyTwitter, c’est le passage à l’action face à une haine grandissante et un laxisme déconcertant. Conscient d’une menace raciste sérieuse et dangereusement grandissante, Shahak Shapira a décidé d’exposer les tweets au su et au vu de tous, espérant faire réagir le réseau social.

 

· Facebook plus réactif

Alors que Twitter n’a rien – ou presque rien – fait pour modérer la diffusion de haine présente au sein du réseau, Facebook a réagi dans un sens contraire. Sur les 150 posts signalés par l’artiste, 80% ont rapidement été effacés de la plateforme.
Ainsi satisfait par la réactivité de Facebook mais déçu de l’attitude du réseau phare de la jeunesse actuelle, Shahak Shapira tweet ceci le 7 août, lançant son projet : « J’ai signalé près de 300 tweets de haine. Twitter ne les a pas effacés, donc je les ai étalés devant leurs bureaux. ».

 

· L’Allemagne au cœur du débat sur les messages de haine

En Allemagne, l’augmentation et la prolifération des publications de haine sur les réseaux est un sujet très sensible. Sensible par l’amplification fulgurante du phénomène dans le pays, en quelques années seulement. En cause : l’afflux de réfugiés migrants dans le pays. Si l’on pensait, en surface, la population en accord avec la politique d’accueil de la chancelière Angela Merkel, la hausse de ce type de contenu nous prouve qu’il n’en est rien.
Le gouvernement allemand a pourtant tenté de prendre les choses en main. Une loi afin de contraindre les réseaux sociaux à être plus réactifs sous peine d’amende devrait être mise en place sous peu. Mais la performance de l’artiste Germano-Israélien prouve bien que la modération de la haine sur les plateformes web est loin d’être effective, du moins en ce qui concerne Twitter.

 

· Un feedback surprenant

Après l’opération #HeyTwitter, nous pouvions nous attendre à une réaction de la part de Twitter. Effacement des messages, blocage des comptes, excuses publiques… Mais non. Le réseau social n’a pas encore réagi à la performance de l’artiste, ou du moins pas comme nous aurions pu l’espérer. La seule action qui a été menée par Twitter suite à cette provocation a été de nettoyer les trottoirs tagués. « L’entreprise nettoie rapidement juste devant sa porte, mais laisse les autres s’occuper du reste », déclare Shahak Shapira, encore une fois déçu de l’attitude du réseau social.
Dans un monde ou l’ouverture d’esprit pourrait être un maître mot, la haine ne prend que trop de place. Avec les réseaux sociaux, la parole est donnée à tous. Mais ce n’est pas une raison pour laisser passer des déclarations raciste, homophobes, xénophobes, ou tout autre type de message visant à menacer les autres. #HeyTwitter, pour Shahak Shapira, c’est peut-être le moyen de sensibiliser sur les dérives des réseaux sociaux. #HeyTwitter, c’est l’amorcement d’un contrôle plus abouti sur la haine et sa prolifération virale sur Internet. #HeyTwitter, c’est un mouvement de protestation, mais aussi un appel à la tolérance.